Publié le 22/01/2015

Rencontre

Michel Gougeon, « La FNAT doit être force de proposition »

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Michel Gougeon est le nouveau président de la FNAT. Pour TAXI !, il confie ses ambitions – ambitieuses – pour la fédération, la passion de son métier et sa détermination à se battre aux côtés de ses confrères pour que le métier évolue sans toutefois perdre son âme… comme il l’a toujours fait. Interview.

Vous avez été élu président de la FNAT en juin dernier. Pourquoi vous êtes-vous présenté à ce poste ?

Je me suis investi pour la défense de la profession depuis longtemps. Artisan Taxi depuis 1979, président de la Chambre Syndicale des Artisans Taxi de la Mayenne depuis 1986, délégué région, délégué inter région depuis 1999, membre du comité directeur, vice-président de la fédération… Cela fait près de 30 ans que je me bats avec mes confrères. La présidence de la FNAT peut donc être considérée comme une suite logique. Tenant compte des nombreuses sollicitations de collègues, j’ai pris la décision de me présenter à ce poste.
Cela n’est pas une fin en soi.

Quelles sont vos ambitions pour la Fédération ?

La FNAT doit tenir une place prépondérante dans la représentation de la profession. Pour ce faire, elle doit-être en mesure, au-delà des revendications légitimes, de réfléchir à son évolution, afin d’être en capacité de s’adapter à un environnement concurrentiel, commercial et technologique. La FNAT doit être force de proposition.

Vous entrez en fonction à un moment où la profession de taxi se trouve en pleine évolution : pensez-vous que tout ceci puisse être une chance pour la profession et pourquoi ?

Je considère que tout changement peut être bénéfique. Il est évident que l’évolution que vous évoquez se trouve être une évolution contrainte et subie par les taxis qui se sont retrouvés mis au pied du mur avec l’arrivée des VTC. Mais je préfère voir le verre à moitié plein… Et je me fais l’avocat du diable : si les VTC ont su s’imposer et se développer et gagner le cœur du public, c’est qu’il y a une raison. Bien entendu, je défends la profession mais il faut aussi que nous, taxis, soyons lucides. Nous devons faire évoluer certains comportements, être plus « au service » de nos clients, accepter la modernité et même en faire une force : il n’est plus possible aujourd’hui de continuer à travailler en faisant comme si Internet, les smartphone, etc. n’existaient pas. A la tête de la FNAT, je souhaite accompagner tous nos adhérents et faire en sorte que la profession soit en phase avec son époque.

Pensez-vous que la relation clients / taxis est amenée à changer ? La FNAT a-t-elle prévu d’accompagner les taxis vers cette évolution ?

La FNAT doit convaincre les collègues de la nécessité de se remettre en cause, de s’adapter au marché ; par un travail de réflexion et probablement de formation. Sur ce dernier point, la FNAT a d’ailleurs conclu un partenariat avec i2ft, l’Institut Francilien de Formation du Taxi, un centre de formation agréé par la Préfecture de Police de Paris.

Avant de prendre la présidence de la FNAT aviez-vous d’autres engagements au sein d’organisations professionnelles : en quoi consistent-ils ?
Je suis impliqué depuis 1986, en qualité de président départemental. J’ai par ailleurs occupé le poste de président UPAD 53 et d’administrateur AVA. Membre du bureau de la chambre de métiers et de l’artisanat de la Mayenne depuis 1995, j’en suis actuellement le président.
Au niveau départemental, je me suis particulièrement investi pour obtenir une convention tiers payant en 1988 (pas de convention tiers payant avec les caisses d’assurance maladie) et bien d’autres combats.

Quels sont les grands sujets sur lesquels vous avez travaillé ?

Au sein de la FNAT, j’ai particulièrement suivi en 2007/2008 le dossier de la convention nationale transport de malades assis avec Alain Estival et Jean-Claude Richard ainsi que le dossier rapport Attali. Le président de l’époque, Alain Estival, m’avait confié la mission de représenter la FNAT au ministère de l’Intérieur pour la signature du protocole d’accord signé par l’ensemble des fédérations de taxi.

Depuis quand êtes-vous chauffeur de taxi ? Dans quelle région exercez-vous ?

J’exerce depuis le 1er novembre 1979 en qualité d’artisan taxi à Laval en Mayenne (ville moyenne de 50 000 habitants). La Mayenne est un département rural dans lequel le TAP représente une forte activité pour les taxis. Je suis à l’origine de la création, en 1993, d’un groupement d’intérêt économique sur Laval qui regroupe actuellement 16 des 18 taxis lavallois. Mon épouse est également artisan taxi. Mon fils est salarié au sein de mon entreprise en qualité de chauffeur de taxi. Ce qui me permet de dégager du temps pour me consacrer à mes différents mandats.